Arroser les plantes avec de l’alcool pour les sauver

Une équipe scientifique a peut-être découvert une partie de la solution à la crise alimentaire : l’alcool aiderait les plantes à survivre lorsqu’elles sont privées d’eau pour aussi longtemps que deux semaines.

Anne-sophie Poiré

2022-09-22T07:00:00.0000000Z

2022-09-22T07:00:00.0000000Z

Quebecor Media

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Dossier | Biodiversite

C’est une belle découverte : l’éthanol, contenu dans l’alcool, contribuerait à protéger des cultures telles que celles de riz et de blé en cas de sécheresse prolongée, révèle une étude publiée à la fin du mois d’août dans la revue Plant and Cell Physiology. Une équipe de recherche du RIKEN Center for Sustainable Resource Science, au Japon, a en effet constaté que les cultures étaient toujours florissantes après deux semaines sans eau, lorsque le sol dans lequel elles étaient plantées était imbibé d’éthanol. Environ 75 % des plants traités à l’alcool avaient survécu à deux semaines sans arrosage, comparativement à moins de 5 % pour ceux qui étaient sans alcool. L’éthanol a entraîné une diminution du taux de transpiration et une augmentation du contenu en eau des feuilles dans les conditions de stress dues à la sécheresse. SÉCURITÉ ALIMENTAIRE « Cette découverte n’est pas seulement utile pour les jardins », assurent les chercheurs, mais aussi « pour les exploitations agricoles qui produisent des cultures vitales, comme le riz et le blé ». Le fait de rendre les cultures de base résistantes à la sécheresse et à la pénurie d’eau pourrait contribuer à lutter contre l’insécurité alimentaire, un problème qui touche toujours de plus en plus de régions du monde. Au moins 20 millions de personnes risquent la famine en raison de la sécheresse qui s’aggrave au Kenya, en Somalie et en Éthiopie, s’alarmait d’ailleurs le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies au mois d’avril. Une hausse de 2 °C de la température moyenne mondiale par rapport aux niveaux préindustriels entraînerait la famine pour 189 millions de personnes supplémentaires, selon une analyse de L’ONU. L’éthanol, un produit chimique peu coûteux et respectueux de l’environnement, selon les auteurs de l’étude, pourrait donc augmenter « de manière significative » la tolérance à la sécheresse des cultures, et ce, sans modifications génétiques.

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