Devrait-on créer un ministère des Droits des femmes ?

Anne-sophie Poiré

2022-09-22T07:00:00.0000000Z

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Quebecor Media

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Une vingtaine d’organisations qui revendiquent la création d’un ministère des Droits des femmes et de l’égalité au Québec dénoncent le peu de place qu’occupent les enjeux féministes dans la campagne électorale, au moment où on constate que la pandémie a accentué les inégalités de genre. Est-ce qu’un ministère est vraiment nécessaire pour améliorer la condition de vie des femmes ? « C’est une promesse qui se ferait remarquer, parce qu’il y a un momentum avec la pandémie et les constats alarmants par rapport à la détérioration de la condition de vie des femmes : les féminicides, la charge mentale qui s’est accrue, le recul sur le marché du travail, les violences sexuelles, le manque de places en CPE, l’accès aux soins gynécologiques », souligne la coordonnatrice du Réseau des Tables régionales des groupes de femmes du Québec, Marie-andrée Gauthier. Un rapport de l’observatoire québécois des inégalités publié lundi confirme par ailleurs cet état des lieux, surtout pour les femmes racisées et moins nanties. Le G13, qui rassemble 19 organisations féministes et dont fait partie le Réseau, demande depuis 2010 la création d’un ministère québécois consacré aux droits des femmes et à l’égalité des genres. Pour l’heure, la condition féminine est l’affaire d’un secrétariat qui relève de la ministre déléguée à l’éducation, Isabelle Charest. « C’est donc une charge supplémentaire pour la ministre, une sous-catégorie de priorités », fait valoir Rachel Chagnon, professeure au Département des sciences juridiques de L’UQAM, qui s’intéresse aux questions d’égalité et de discrimination dans l’élaboration des politiques publiques. « Le travail pour atteindre l’égalité est trop important pour un secrétariat », croit-elle. Au fédéral, un ministère des Femmes et de l’égalité des genres a été créé en 2018 par les libéraux de Justin Trudeau. Depuis, les dossiers progressent plus rapidement et plus d’argent est investi, autant dans les organismes féministes qu’en recherche, soutient la professeure. Les enjeux y sont traités de manière transversale, entre les différents ministères donc. À deux semaines du scrutin, seuls Québec solidaire (QS) et le Parti Québécois (PQ) ont promis la création d’un tel ministère s’ils étaient portés au pouvoir. « La condition de vie des femmes est totalement absente de la campagne électorale », déplore Marie-andrée Gauthier.

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