Le sort des Iraniennes suscite de la colère

Jean-michel Clermont-goulet

2022-09-22T07:00:00.0000000Z

2022-09-22T07:00:00.0000000Z

Quebecor Media

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La colère s’est emparée des rues en Iran après la mort d’une jeune femme, Mahsa Amini, arrêtée par la police des moeurs pour « port de vêtements inappropriés ». Alors que les manifestations se multiplient, des femmes iraniennes vont jusqu’à brûler leur hijab en signe de contestation. Le 13 septembre dernier, Mahsa Amini s’est fait arrêter par l’unité spéciale de la police iranienne chargée de veiller au respect du port du voile et des autres règles vestimentaires strictes imposées dans la République islamiste. La jeune femme de 22 ans était en visite avec sa famille dans la capitale iranienne, Téhéran. La raison invoquée par les autorités pour son arrestation : elle et un groupe de femmes ne portaient pas adéquatement le voile. Depuis la révolution islamiste de 1979, les femmes sont obligées de couvrir leurs cheveux. Il leur est aussi interdit de porter des manteaux courts au-dessus du genou, des pantalons serrés, des jeans troués et des tenues de couleurs vives. LE DÉCÈS DE MAHSA La jeune femme kurde serait tombée dans le coma après avoir « soudainement souffert d’un problème cardiaque ». Son décès a été constaté à l’hôpital trois jours après son arrestation, rapporte la télévision d’état. La police de Téhéran a pour sa part confirmé le décès Mahsa Amini par communiqué, avançant « qu’il n’y avait pas eu de contact physique » entre les agents de police et la jeune femme. La jeune femme est devenue un symbole de la lutte contre les méthodes brutales de la police des moeurs, mais aussi contre la répression à l’égard des Iraniennes. Plusieurs vidéos de manifestantes brûlant leur voile circulent sur les réseaux sociaux. D’autres images montrent des femmes en train de se couper les cheveux. MANIFESTATIONS ET MORTS Depuis quelques jours, des femmes et des hommes manifestent en Iran contre la police des moeurs, qui n’en est pas à ses premières contestations. Huit personnes ont d’ailleurs perdu la vie depuis le début du soulèvement, selon un décompte provisoire. Juste dans la nuit de mardi à mercredi, des manifestations, qui rassemblaient parfois plus de 1000 personnes, ont eu lieu dans une quinzaine de villes iraniennes. Les manifestants ont bloqué les rues, lancé des pierres sur les forces de sécurité, incendié des véhicules de police et des poubelles et scandé des slogans antigouvernementaux. La police a utilisé des gaz lacrymogènes et procédé à des arrestations pour disperser la foule. « Non au foulard, non au turban, oui à la liberté et à l’égalité ! », ont crié des manifestantes lors d’un de ces rassemblements. Des manifestations ont également été organisées ailleurs dans le monde, entre autres à New York et à Istanbul, en soutien aux femmes iraniennes.

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