De l’aide pour diversifier le SPVM et les services d’urgence

Daphnée Hacker-b.

2022-09-22T07:00:00.0000000Z

2022-09-22T07:00:00.0000000Z

Quebecor Media

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La mairesse Valérie Plante est allée à la rencontre, mercredi soir, de jeunes issus de la diversité qui rêvent de devenir policiers, dans le quartier Saint-michel. Ils font partie d’un programme cofondé par un policier d’origine haïtienne, dans lequel la Ville a décidé d’investir 232000 $. Le programme nommé Métiers d’urgence vise à soutenir les élèves du secondaire issus de minorités visibles ou culturelles, afin qu’ils remplissent les critères d’admission aux formations des policiers, pompiers ou paramédics. L’administration Plante estime que cette initiative fait partie des outils de prévention à la lutte contre la violence armée. « Ce programme unique contribuera à assurer une relève mobilisée et diversifiée au sein du SPVM […], ce qui aura un impact concret sur la sécurité de la métropole et le parcours des jeunes », a déclaré la mairesse lors de sa visite au Centre Lasallien, un espace communautaire qui offre une variété d’activités pour la jeunesse de Saint-michel. REPORTAGE DU 24 HEURES Un reportage publié par le 24 heures en mai dernier rapportait que le programme n’avait pas réussi à avoir de financement public. « C’est à la suite du reportage que des représentants de la Ville nous ont contactés », confirme le directeur général du Centre Lasallien, Paul Evra. C’est lui qui a eu l’idée du projet, en discutant avec le sergent du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) Yves Expérience. Tous les deux d’origine haïtienne, ils ont été bouleversés par le mouvement Black Lives Matter et ont eu le désir de trouver des solutions aux tensions entre les corps policiers et les groupes minoritaires. « Plus tu as de policiers qui ressemblent à la population qu’ils desservent, qui viennent des quartiers où ils patrouillent, plus tu as de chance que les tensions diminuent », analyse le sergent Expérience. « Ce qui est important, aussi, c’est d’avoir une diversité socioéconomique chez les policiers », ajoute M. Evra. FINANCEMENT NON RÉCURRENT Les fondateurs de Métiers d’urgence sont enjoués que l’objectif à terme de la Ville soit d’offrir le programme dans les autres écoles de la métropole. Toutefois, pour l’instant, l’administration ne s’est engagée qu’à fournir une aide financière non récurrente, qui aidera le programme à perdurer jusqu’à décembre 2023. « Cette aide précieuse va nous donner un peu de souffle pour trouver des sources pérennes de financement », dit Paul Evra, ajoutant qu’il est déjà en pourparlers avec le ministère de la Sécurité publique. Le leader communautaire espère que le nouveau gouvernement du Québec comprendra « qu’il est crucial » d’investir dans les initiatives qui sont bâties par les acteurs du terrain. Le problème, ajoute-t-il, c’est la rigidité des demandes de subventions, qui exigent des critères parfois déconnectés de la réalité. « La bureaucratie devrait s’ajuster selon nos besoins, et non l’inverse », conclut-il.

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